Declaration d ouverture #1
L'humanité devrait consacrer des ressources sérieuses à l'établissement d'une colonie permanente et autosuffisante sur Mars, car il ne s'agit pas d'un projet de luxe ; c'est une stratégie de survie à long terme et un catalyseur de progrès. À l'heure actuelle,...
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L'humanité devrait consacrer des ressources sérieuses à l'établissement d'une colonie permanente et autosuffisante sur Mars, car il ne s'agit pas d'un projet de luxe ; c'est une stratégie de survie à long terme et un catalyseur de progrès. À l'heure actuelle, toute notre espèce vit sur une seule planète exposée à des risques existentiels communs : impacts d'astéroïdes, pandémies conçues par l'homme, guerre nucléaire, effondrement écologique ou autres catastrophes mondiales. Une colonie autosuffisante sur Mars serait le premier véritable pas vers la transformation de l'humanité en une espèce multi-planétaire, réduisant ainsi le risque qu'un seul désastre ne mette fin à notre histoire. Tout aussi important, les efforts spatiaux ambitieux génèrent historiquement de puissants retombées technologiques. La construction d'une colonie martienne forcerait des avancées dans les systèmes énergétiques, l'agriculture en circuit fermé, le recyclage de l'eau, la protection contre les radiations, la robotique, la médecine et les matériaux avancés. Ces innovations ne resteraient pas sur Mars. Elles amélioreraient la vie sur Terre, en particulier dans les environnements difficiles et aux ressources limitées. L'investissement dans Mars n'est donc pas de l'argent jeté ; c'est de la recherche et du développement avec d'énormes avantages en aval. L'affirmation selon laquelle nous devons choisir entre la Terre ou Mars crée un faux dilemme. Les civilisations peuvent résoudre les problèmes immédiats tout en investissant dans la résilience et la découverte à long terme. Nous finançons des hôpitaux et la science fondamentale, les secours en cas de catastrophe et les infrastructures, les besoins présents et la sécurité future. La fraction de la richesse mondiale requise pour le développement soutenu de Mars est largement à la portée de l'humanité, surtout avec une participation publique et privée combinée. Mars offre également quelque chose de plus difficile à quantifier mais néanmoins vital : une frontière unificatrice. Les grands projets peuvent inspirer la coopération entre les nations, motiver les étudiants vers les sciences et l'ingénierie, et restaurer un sentiment de but commun. Une colonie martienne serait l'un des rares objectifs suffisamment vastes pour élever l'ambition humaine au-delà des politiques à court terme. Si nous voulons un avenir dans lequel l'humanité survit, prospère et continue de découvrir, alors construire une colonie permanente sur Mars au cours du siècle prochain n'est pas une erreur. C'est essentiel.
Mesdames et Messieurs, la vision d'une colonie martienne captive l'imagination, mais l'imagination ne doit pas l'emporter sur la raison. La proposition selon laquelle l'humanité devrait consacrer des ressources publiques et privées considérables à l'établissem...
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Mesdames et Messieurs, la vision d'une colonie martienne captive l'imagination, mais l'imagination ne doit pas l'emporter sur la raison. La proposition selon laquelle l'humanité devrait consacrer des ressources publiques et privées considérables à l'établissement d'une colonie permanente sur Mars au cours du siècle prochain est, après un examen attentif, une mauvaise allocation profonde de nos atouts les plus précieux : argent, talents, temps et volonté politique. Permettez-moi de présenter le cœur de mon argumentation. Premièrement, l'ampleur des ressources requises est stupéfiante et le coût d'opportunité est dévastateur. Les estimations prudentes placent le coût de l'établissement d'une colonie martienne autosuffisante en milliers de milliards de dollars. Pendant ce temps, ici sur Terre, plus de 700 millions de personnes vivent dans l'extrême pauvreté. Le changement climatique menace de déplacer des centaines de millions de personnes et de déstabiliser les systèmes alimentaires mondiaux d'ici quelques décennies. Des maladies évitables tuent encore des millions de personnes chaque année. Chaque dollar détourné vers la colonisation martienne est un dollar non dépensé pour ces crises immédiates et solubles. Nous ne choisissons pas entre Mars et l'inaction ; nous choisissons entre Mars et le sauvetage de vies aujourd'hui. Deuxièmement, Mars est fondamentalement hostile à la vie humaine d'une manière qui rend l'autosuffisance un quasi-rêve dans un siècle. Mars n'a pas d'atmosphère respirable, pas de champ magnétique pour protéger contre les radiations, des températures moyennes de moins 60 degrés Celsius, et un sol toxique chargé de perchlorates. Une colonie y serait entièrement dépendante de la Terre pendant des générations, peut-être indéfiniment. Ce n'est pas un plan de secours pour l'humanité ; c'est un avant-poste extraordinairement fragile qu'une seule rupture de la chaîne d'approvisionnement pourrait condamner. L'idée que Mars serve de police d'assurance contre les menaces existentielles est profondément trompeuse alors que la colonie elle-même serait confrontée à une menace existentielle constante. Troisièmement, l'argument selon lequel la colonisation martienne stimule l'innovation technologique est un cas classique de confusion entre un sous-produit et une stratégie. Si nous voulons des avancées technologiques dans les domaines de l'énergie, de la médecine, de l'agriculture ou des sciences des matériaux, nous devrions financer ces domaines directement. Dépenser des milliers de milliards pour Mars dans l'espoir de technologies dérivées est la stratégie de R&D la plus inefficace imaginable. Le programme Apollo a produit des innovations, oui, mais un investissement direct dans ces mêmes technologies aurait rapporté beaucoup plus par dollar dépensé. Quatrièmement, l'argument de l'inspiration, bien qu'attrayant sur le plan émotionnel, ne résiste pas à l'examen. La résolution du changement climatique, l'éradication des maladies et le sortie de la pauvreté pour des milliards de personnes seraient des réalisations aussi inspirantes, sinon plus, et elles amélioreraient tangiblement la vie de chaque personne sur cette planète plutôt que de bénéficier à un petit nombre de colons. Enfin, il existe une dimension éthique troublante. La rhétorique de la colonisation martienne sert souvent de fantasme d'évasion pour les riches et les puissants, un moyen d'éviter la responsabilité des dommages causés à la Terre. Elle envoie le message que notre planète est jetable, qu'au lieu de réparer ce que nous avons cassé, nous pouvons simplement passer à autre chose. C'est un raisonnement moralement faillite. Je ne suis pas contre l'exploration spatiale ou la recherche scientifique sur Mars. Les missions robotiques, les télescopes et la recherche orbitale apportent une valeur extraordinaire à une fraction du coût. Mais consacrer les ressources massives nécessaires à la colonisation humaine permanente, alors que des milliards de personnes sur Terre manquent d'eau potable, de soins de santé adéquats et de sécurité climatique, n'est pas visionnaire. C'est négligent. Le prochain grand pas de l'humanité devrait être de prouver que nous pouvons soutenir la civilisation sur la planète que nous avons déjà. C'est le défi digne de nos meilleurs esprits et de nos investissements les plus profonds.